1- Prendre le temps de bien préparer son projet :

bien préparer son projet

Il est important de ne pas négliger les études préalables nécessaires :

a) La consultation d’un géomètre pour délimiter le terrain et déterminer le relief, l’emplacement des éléments existants (végétation, murets de soutènement, cours d’eau, puits, voirie, etc.), ou la réalisation d’un relevé précis du bâtiment existant, en cas de transformation ou d’agrandissement. Ce plan détaillé constitue une base indispensable sur laquelle le projet pourra concrètement s’ancrer.

b) Une étude de sol pour déterminer le type de fondations ou de renforcement (dans le cas d’une structure existante), en fonction de la portance du sol. Un mauvais sol peut entraîner des coûts de fondations très importants, qui auront un impact sur votre budget et donc sur votre projet.

c) Une étude de structure : dans le cas d’une transformation, intervenir sur un bâtiment existant suppose une bonne connaissance de son fonctionnement (souvent complexe et déjà modifié auparavant) et de ses éventuelles pathologies (problèmes d’humidité, fissures, etc.) pour pouvoir les résoudre et transformer le bâtiment sans créer de nouveaux désordres. Un bureau d’études est indispensable en cas de construction neuve, pour assister le maître d’oeuvre dans la conception technique du bâtiment et dimensionner les éléments porteurs en fonction du calcul des charges et des efforts.

d) Une étude d’ensoleillement sera utile pour déterminer la meilleure orientation possible de la maison, optimiser son éclairage naturel et bien sûr pour profiter du soleil de façon passive pour le chauffage, en tenant compte de l’angle du rayonnement solaire selon les différentes périodes de l’année et les différentes orientations.

e) Une étude thermique permettra de calculer précisément les besoins de la maison en calories pour le chauffage, et donc de faciliter le choix du type d’équipement et de sa puissance. Un bureau d’études spécialisé fournira des simulations de différentes solutions selon l’ensoleillement, les déperditions thermiques, les ombres, le type de chauffage, etc. Son coût relativement élevé empêche qu’on y ait souvent recours pour une maison individuelle mais l’investissement s’avère en réalité vite amorti.

f) Enfin, une bonne information sur les solutions techniques, les matériaux et leur mise en oeuvre est indispensable pour choisir en connaissance de cause la solution la plus adaptée, la plus performante et la plus conforme à son budget. Plus on étudie son projet en amont, moins on risque d’être pris de cours lors de sa réalisation, en décidant par exemple dans l’urgence d’une solution qui n’est généralement pas satisfaisante, faute d’avoir été préalablement étudiée.

2- Un point essentiel, le budget :

le budget

Lorsque l’on décide de construire ou de transformer sa maison, on est sans cesse confronté à l’obligation de faire des arbitrages difficiles, en particulier si l’on a un budget serré. Quelles sont les priorités ? Il est important de commencer par établir un cahier des charges, définissant ses priorités en termes d’exigences fonctionnelles et environnementales. Voici quelques règles d’or à garder en tête, au moment difficile de faire un choix :

a) Il est vivement conseillé d’investir au départ (en temps ou en argent) dans la qualité de la conception, de l’espace et du confort thermique. Il sera très difficile de modifier après coup l’absence de fenêtre dans une pièce, un volume mal conçu ou difficile à chauffer, ou encore un courant d’air froid qui descend sur la table de la salle à manger ! La qualité d’un espace n’implique pas forcément qu’il soit de grandes dimensions, au contraire : mieux vaut un petit lieu de vie bien conçu, plus économe à construire et à entretenir.

b) Il faut également être vigilant à la qualité des matériaux, afin de faire des économies à long terme sur les dépenses d’entretien et d’énergie. Il est toujours tentant de choisir la solution la plus économe ou la plus facile, de transiger sur la qualité de la mise en oeuvre ou des matériaux, mais on le regrette presque toujours après coup.

c) Mieux vaut privilégier des solutions techniques simples, des formes compactes, des systèmes constructifs standards, exigeant peu d’entretien, et utiliser le minimum d’équipements nécessitant une alimentation électrique permanente. La ventilation est un bon exemple : une VMC (ventilation mécanique contrôlée) est-elle indispensable et doit-elle fonctionner en permanence ? Que consomme tel modèle de ventilation double flux par rapport au gain apporté ?

d) La durabilité suppose également la capacité de s’adapter à un contexte toujours changeant. Cela implique une flexibilité en termes d’usage : prévoir un bâtiment qui évoluera en même temps que les besoins de la famille et les moyens dont on dispose, un bâtiment qui pourra s’agrandir ou se diviser, grâce à des espaces que l’on pourra cloisonner ou au contraire faire communiquer entre eux, etc.

e) Pensez enfin que l’on peut planifier des investissements en plusieurs étapes. Il faut donc concevoir un projet qui permette d’intégrer, autant que possible, les évolutions technologiques encore trop chères ou à l’état de prototype : les panneaux photovoltaïques ou thermiques, la ventilation double flux, l’isolation sous vide, etc.

La maison peut aussi viser une très faible consommation énergétique et, à l’avenir, devenir un bâtiment à énergie positive.

3- Faire appel à un architecte ?

architecte

Le recours à un architecte peut parfois apparaître comme une dépense importante, réservée à une clientèle aisée, pour des maisons d’exception (il est d’ailleurs obligatoire d’y avoir recours pour construire une surface supérieure à 170 m²). Pourtant, beaucoup architectes s’intéressent aujourd’hui à la construction individuelle et cherchent à permettre au plus grand nombre d’accéder à un logement de qualité, même avec un budget modeste. Ils développent des trésors d’inventivité pour trouver des solutions satisfaisantes en matière d’économie, d’esthétique et d’écologie. Le décret no 80-217 du 20 mars 1988 portant code des devoirs professionnels des architectes dit ainsi que « la vocation de l’architecte est de participer à tout ce qui concerne l’acte de bâtir et l’aménagement de l’espace , d’une manière générale, il exerce la fonction de maître d’œuvre ». Un architecte vous aidera ainsi à concevoir un programme adapté, en écoutant vos besoins et vos envies, et à dessiner un lieu de vie qui vous corresponde, avec des espaces intelligemment agencés pour rendre votre maison agréable, fonctionnelle et belle. Il concevra également un projet en fonction de votre budget, des avantages et inconvénients du site, du climat et des contraintes réglementaires (règlement d’urbanisme, normes de construction, etc.). Il vous assistera pour remplir le dossier de permis de construire ou d’autorisation de travaux en défendant votre projet de façon argumentée.

Comment construire une maison écologique

D’un point de vue pratique, il vous fera bénéficier de son réseau d’artisans pour sélectionner avec vous des entreprises compétentes au meilleur rapport qualité prix. Il veillera à faire respecter le planning, à surveiller que la réalisation de l’ouvrage corresponde bien aux recommandations techniques requises. C’est un gain de temps si vous êtes peu disponible et un soutien précieux si vous êtes néophyte, car la conception d’une maison, la préparation et la coordination d’un chantier ne s’improvisent pas.

Pour assumer une mission complète ou partielle de maîtrise d’oeuvre, un architecte doit être inscrit à l’Ordre des architectes et être à jour de sa cotisation d’assurance. Un architecte est un professionnel dont la compétence est reconnue par l’État , il engage sa responsabilité vis à vis de son client à chaque niveau de son intervention. La mission confiée à l’architecte doit faire l’objet d’un contrat écrit, indiquant clairement les obligations mutuelles.

Il ne faut pas oublier néanmoins qu’il ne peut être rendu responsable des fautes du maître d’ouvrage, des entreprises ou des tiers.