1- Économiser l’énergie :

Économiser l’énergie

La priorité est aujourd’hui de réduire les dépenses d’énergie des bâtiments, principalement pour le chauffage, afin que la surexploitation des réserves de gaz, de pétrole et de charbon cesse. Pour cela, il est essentiel de ne pas perdre de vue les priorités suivantes :

  • Concevoir un bâtiment favorisant les apports solaires passifs. Si vous négligez cette étape, vous vous privez d’une ressource gratuite, illimitée et sans coût d’entretien ! La conception de votre maison est donc la première chose dans laquelle investir, car cette « machine à habiter » vous fera faire des économies à long terme, et vous garantira un confort en toutes saisons.
  • Limiter les déperditions de calories, en prévoyant une bonne isolation, en évitant les ponts thermiques, en étant vigilant sur l’étanchéité à l’air du bâtiment, et si possible en récupérant des calories par une ventilation double flux, un puits canadien, etc.
  • Utiliser des énergies renouvelables pour le chauffage et l’électricité : solaire thermique et photovoltaïque, calories du sol, calories de l’air, bois, éolien, etc. Cela implique souvent un investissement important, mais vous pouvez aussi reporter l’acquisition d’un équipement technique coûteux de quelques années, pourvu que vous ayez prévu son installation en amont.

Pourquoi construire une maison écologique

  • Utiliser des matériaux à faible impact environnemental pour améliorer le bilan carbone de votre maison. Il ne suffit pas de réduire sa consommation d’énergie, il faut aussi penser à celle utilisée pour fabriquer, transporter, mettre en œuvre puis traiter en fin de vie les matériaux, qui représente une part non négligeable. Si l’on va au-delà, il importe de tenir compte non seulement de cette énergie grise consommée, mais de façon encore plus complète, de l’écobilan d’un matériau, qui prend en compte les facteurs sociaux, toutes les atteintes au milieu naturel, ainsi que les destructions et pollutions diverses qu’il occasionne au long de son cycle de vie. Il existe également un bilan carbone des matériaux, créé par l’Ademe, qui évalue la contribution à l’effet de serre. Certains produits ont une contribution à l’effet de serre qui dépasse largement celle de leur énergie grise : c’est le cas de l’aluminium par exemple, dont la production s’accompagne de rejets de gaz fluorés à fort effet de serre.
  • Faire des économies sur la consommation d’électricité. Pour reprendre le leitmotiv de l’association négaWatt, « sobriété, efficacité et renouvelable » sont les trois règles d’or des économies d’énergie. La meilleure économie d’énergie est celle qu’on ne consomme pas. Pensez aux équipements classe A de l’électroménager, aux ampoules fluocompactes, à prévoir une arrivée d’eau chaude dans votre lavelinge, à oublier le sèche-linge, à cuisiner au gaz, etc.

En outre, l’électroménager et l’audiovisuel consomment 4 à 5 fois plus de kilowatts que le chauffage dans une maison bien isolée ! Les strucordinateurs de bureau consomment par exemple 10 fois plus que les ordinateurs portables, et une grande télé plasma, près de 10 fois plus qu’un écran d’ordinateur LCD. En faisant attention, on peut facilement réduire par quatre sa consommation de kilowatts électriques.

2- Une meilleure qualité de vie :

meilleure qualité de vie

Les arguments en faveur de la préservation de la planète ne sont pas uniquement synonymes de restrictions. Ils rejoignent également le souhait d’un lieu de vie agréable, durable et sain, auquel aspire chacun de nous.

a) La qualité des espaces, de la lumière, de l’air :

L’apport de lumière naturelle, qui permet des économies d’éclairage, la conception de logements traversants pour bien ventiler, bien éclairer et varier les vues, contribuent au confort et au bien-être. Cela concerne également la réduction des nuisances sources d’inconfort (bruit, humidité, etc.), mais aussi des facteurs plus subjectifs comme les couleurs, les textures, les matières qui donnent un sentiment de chaleur et de sécurité, la proportion des pièces, la fluidité avec laquelle on se déplace dans l’espace, une bonne acoustique, la présence de végétation, etc.

b) Le confort thermique :

Le sentiment de bien-être est également fortement lié au confort thermique. L’absence de rayonnement froid, grâce à des parois et des fenêtres chaudes car bien isolées, une température de l’air assez élevée pour éviter les mouvements de convection, l’usage de matériaux lourds qui accumulent la chaleur pour atténuer les fluctuations de température trop brusques, couplés à un système de chauffage bien adapté et bien dimensionné, et l’utilisation des ressources du climat et du site (végétation écran ou coupe-vent, inertie du sol, vent rafraîchissant, etc.), sont des paramètres à étudier attentivement. De même, le confort d’été est à prendre en compte de manière à éviter les surchauffes sans avoir recours à la climatisation, très gourmande en électricité.

c) Des matériaux durables, renouvelables et sains :

matériaux durables

La qualité des matériaux de construction et de finition, comme celle de leur mise en œuvre, est un gage de longévité pour la maison et de réduction des dépenses d’entretien. L’usage de matériaux bruts, crus et locaux tels que la terre crue, le bois, la paille, est idéal à la fois pour la préservation des ressources naturelles, la réduction des pollutions et des émissions de gaz à effet de serre, et le confort.

Une étude de l’association Areso a calculé qu’une maison en terre crue, paille et bois local de 170 m² représente une consommation de 8 tonnes équivalent carbone (tec), et un bilan positif de 3,5 tec, en comptant le carbone stocké dans les matériaux végétaux. Une maison conventionnelle de même surface représente une consommation de 20 tec. Ce sont les matériaux de gros œuvre nécessitant une cuisson (briques, tuiles, parpaings de ciment, plâtre, etc.) qui occasionnent de loin le plus d’émission de carbone par leur fabrication.

D’autre part, la question sanitaire n’est pas à négliger dans le bâtiment. Des études menées depuis les années soixante montrent que l’air intérieur est chargé de divers polluants, liés à l’utilisation toujours croissante de nouveaux matériaux innovants : le plomb dans les peintures, le monoxyde de carbone dû aux appareils de combustion, l’amiante dans les matériaux d’isolation et de structure, la radioactivité du radon (gaz émanant du sol de certaines régions), les composés organiques volatils, en particulier les dérivés de benzène, des allergènes, des formaldéhydes, des éthers de glycol dans les colles des panneaux de particules de bois, les produits de finitions ou d’entretien, les cosmétiques, les agents bactériologiques tels que la légionelle dans les systèmes de climatisation ou les moisissures dans les pièces mal ventilées. Les symptômes vont des rhinites, maux de tête, irritations cutanées pour les plus bénins, jusqu’à des complications cardiaques ou respiratoires, et des cancers. Les causes sont toujours multiples et difficiles à identifier, et la réglementation intervient souvent avec un temps de retard et peine parfois à définir des normes et des seuils à respecter. Il est donc toujours préférable de limiter le nombre de matériaux utilisés, d’éviter ceux qui sont complexes et encore mal connus, de bien entretenir les équipements et de respecter les règles d’hygiène.