1- Les problèmes de la construction écologique :

problèmes de la construction écologique

Les enjeux de la prise en compte de l’environnement dans le bâtiment sont multiples, complexes, et parfois contradictoires. Comment répondre par exemple au tiraillement entre l’envie, à l’échelle individuelle, d’une maison à soi dans un environnement préservé, et le mitage du territoire à l’échelle nationale ? Par ailleurs, il est difficile de concilier l’urgence et l’ampleur des mesures à prendre avec la nécessité d’un coût de construction ou de rénovation accessible au plus grand nombre, l’utilisation des ressources locales, la rareté de la main d’œuvre qualifiée, le caractère renouvelable et recyclable des matériaux, etc.

La question de la bonne gestion des ressources en matières premières disponibles est difficile. Prenons le cas du bois par exemple : certes, c’est une ressource renouvelable, mais les forêts dont il provient sont-elles gérées durablement ? Combien de kilomètres a-t-il parcourus pour arriver sur le lieu de construction ? Est-il utilisé avec d’autres matériaux compatibles avec son caractère hygroscopique ? Est-il massif, façonné en utilisant beaucoup d’énergie, ou aggloméré avec des colles contenant du formaldéhyde ?

D’autre part, le manque de recul, la juxtaposition de certifications et normes sur les produits et procédés créent de la confusion, et il est difficile de s’y retrouver. Les informations et les études sont encore dispersées, lacunaires ou peu lisibles.

Les difficultés d’approvisionnement et le coût plus élevé des matériaux sont également un problème : beaucoup de matériaux dits écologiques ne se trouvent que dans des réseaux de distributeurs spécialisés, encore trop peu nombreux et absents des grandes surfaces où s’approvisionnent les entreprises conventionnelles. Mais le coût reste encore le principal frein : ces matériaux sont souvent plus chers que les matériaux standardisés produits industriellement en grande quantité.

Enfin, le manque de main d’œuvre qualifiée et les délais aléatoires sont l’apanage du secteur du bâtiment en général. Les charpentiers en particulier sont très sollicités depuis quelques années du fait de l’engouement récent pour la construction en bois, et il est difficile de trouver un bon professionnel du chauffage et de la ventilation utilisant des énergies renouvelables.

Néanmoins, beaucoup d’associations font un remarquable travail pour mener des études sérieuses afin de mieux connaître les performances des procédés de constructions et des matériaux non conventionnels, créer des réseaux de spécialistes ou faire partager des expériences. Malheureusement, elles sont souvent limitées par leur manque de moyens.

2- Les avancées :

a) La réglementation thermique :

réglementation thermique

La RT 2005, 2010 et 2012 Si un particulier fait construire ou agrandir sa maison, il doit respecter, entre autre, les normes fixées par la RT 2005, réglementation thermique en vigueur depuis le 1er septembre 2006 (arrêté du 24 mai 2006). La RT 2005 fixe une limite de consommation énergétique de référence (appelée Cepréf) à ne pas dépasser. Elle fixe des valeurs minimales et des valeurs de référence à atteindre pour chaque élément : parois (murs, sols, toiture) et équipements. Ainsi, lors du dépôt du permis de construire, le maître d’ouvrage doit pouvoir justifier de la performance de son logement, soit par une étude thermique, soit par le choix de solutions techniques déjà agréées par la RT 2005. Elles ne sont pas les mêmes selon la région, le type de paroi et le type de bâtiment. Pour les murs d’une maison par exemple, le coefficient de référence correspond à une résistance thermique R de l’ordre de 2,3 à 2,6 m2.K/W. Elle prend également en compte l’utilisation d’énergies renouvelables, la conception bioclimatique du bâtiment pour des apports solaires passifs, le confort d’été et les protections solaires (voir le site www.logement.gouv.fr/IMG/ pdf/rt2005_version09102006.pdf)

Suite à l’engagement de la France de réduire par 4 ses émissions de gaz à effet de serre, réaffirmé par le Plan climat et le Grenelle de l’environnement, les objectifs vont devenir encore plus ambitieux. Bientôt entreront en vigueur la RT 2010 et un peu plus tard la RT 2012. Cette dernière prévoit de baisser la consommation d’énergie dans les bâtiments en dessous de 50 kWh/m2/ an (bâtiments basse consommation), ce qui représente des économies non négligeables par rapport aux constructions neuves d’aujourd’hui, dont le niveau moyen est audessus de 100 kWh/m2/an. Des labels sont mis en place pour inciter à atteindre dores et déjà ces performances.

La RT dans l’existant : Il est prévu de rénover d’ici 2050 les 19 millions de logements construits avant 1975, pour qu’ils ne consomment « plus » que 80 kWh/m²/an d’énergie primaire, au lieu de 330 en moyenne aujourd’hui. Ainsi, lorsqu’un maître d’ouvrage veut rénover sa maison, il doit désormais respecter l’arrêté du 3 mai 2007 qui impose des caractéristiques thermiques minimales pour les équipements, installations ou systèmes nouvellement installés. Pour les bâtiments inférieurs à 1000 m², elles sont largement inspirées des valeurs garde fous de la réglementation thermique des bâtiments neufs (la RT 2005), qui prévoit les performances à atteindre « élément par élément » : parois opaques, parois vitrées, ventilation, chauffage, refroidissement, éclairage, eau chaude sanitaire, énergies renouvelables. Par exemple :

  • une résistance thermique R minimale de 2,3 m².K/W pour les murs en contact avec l’extérieur.
  • un coefficient maximum de transmission thermique Uw des fenêtres avec menuiseries coulissantes de 2,6 W/m².K.

logement non isolé d'avant 1975

construction écologique

Récapitulatifs des labels d’éco-construction

  • des équipements de chauffage avec un rendement minimum (les chaudières basse température ou à condensation satisfont à cette exigence), une régulation obligatoire, et des émetteurs de chaleur avec une régulation ou un thermostat.
  • l’utilisation d’énergies renouvelables. Le rendement minimal autorisé ne concerne pour l’instant que les chaudières bois.

Les travaux envisagés vont dépendre aussi du budget, du temps de retour souhaité, des apports autres qu’énergétiques et des contraintes techniques ou architecturales. Le but de cette réglementation est d’inciter à atteindre d’emblée un niveau élevé de performance pour l’élément remplacé, afin de ne pas faire l’effort à moitié en ne mettant pas assez d’épaisseur d’isolant par exemple. D’autre part, pour réduire ses factures énergétiques, plus le prix de l’énergie augmente, plus de fortes épaisseurs deviennent rentables, d’autant que le prix des matériaux devient souvent secondaire.

b) Le diagnostic de performance énergétique :

diagnostic de performance énergétique

Désormais, pour les locations (depuis le 1er juillet 2007), transactions (depuis le 1er novembre 2006) et constructions, le locataire, l’acheteur ou le maître d’ouvrage se verront remettre un diagnostic de performance énergétique (DPE). Ce document indiquera la quantité d’énergie effectivement consommée ou estimée pour une utilisation standardisée du bâtiment, et une classification afin que les consommateurs puissent comparer et évaluer la performance énergétique. Ce document sera accompagné de recommandations destinées à améliorer cette performance.

3- Les certifications, labels et normes :

a) L’écolabel européen :

La « fleur » de l’Europe se trouve sur certaines peintures, vernis et revêtements de sol qui présentent une bonne performance pour une utilisation en extérieur, un usage limité de substances dangereuses, une faible teneur en solvant, une consommation d’eau et d’énergie limitée lors de la fabrication, etc.

b) Le label NF environnement :

Cet écolabel français reconnu par les pouvoirs publics est certifié par un organisme indépendant, l’Afaq Afnor certification. Son objectif est de guider le choix des consommateurs tout en encourageant les industriels à améliorer la qualité écologique de leurs produits. Il certifie des produits qui présentent des impacts moindres sur l’environnement tout au long de leur cycle de vie et une aptitude à l’usage au moins équivalente à celle d’autres produits similaires. Les caractéristiques certifiées peuvent être consultées sur le site Internet www.ecolabels.fr.

c) La certification Acermi (Association pour la certification des matériaux isolants) :

La certification Acermi des isolants complète le marquage CE de ces produits, obligatoire depuis mars 2003. Toutes les caractéristiques déclarées sont certifiées : elles sont a minima la résistance thermique avec la conductivité thermique, le comportement à l’eau, le comportement mécanique et, selon les cas, la réaction au feu. Pour choisir le produit isolant selon son application, la certification Acermi comporte des niveaux de caractéristiques selon les normes européennes ou selon le classement Isole, qui précise l’aptitude à l’emploi du produit. Pour en savoir plus : acermi.cstb.fr.

d) Les avis techniques :

Les avis techniques maison

La commission du CSTB, composée d’une vingtaine de groupes d’experts représentant les constructeurs, gère la délivrance des ATec (avis techniques) et des DTA (documents techniques d’application) dans des domaines d’application très larges : structures, isolation thermique et acoustique, traitement des eaux, revêtement de sols, baies et vitrages, installation de génie climatique…

L’avis technique est destiné à fournir une opinion autorisée sur les produits, procédés et équipements des différents fabricants, en définissant très précisément leur emploi. Il indique notamment dans quelles mesures le procédé ou produit « satisfait à la réglementation en vigueur, est apte à l’emploi en oeuvre, dispose d’une durabilité en service ». Les avis techniques sont des documents d’information. Ils ne sont pas obligatoires et n’ont aucun caractère réglementaire particulier.

e) Les fiches de déclarations environnementales et sanitaires (FDES) :

fiches de déclarations environnementales

Elles permettent d’obtenir des informations pertinentes et fiables :

  • sur les impacts environnementaux des produits à chaque étape de leur cycle de vie : fabrication, transport, mise en oeuvre, vie en oeuvre, fin de vie.
  • utiles à l’évaluation du risque sanitaire : émissions de substances dangereuses réglementées, CO, rayonnements, etc., contribution à la qualité sanitaire de l’eau.
  • utiles à l’évaluation du confort dans les espaces intérieurs.

Pour en savoir plus : www.afnor.org/construction. asp.

Pour faire une évaluation de l’ensemble d’un bâtiment (site en phase d’expérimentation) : ese.cstb.fr/elodie.

f) La certification NF Maison individuelle démarche HQE :

Proposant de garantir la qualité du projet de construction, la qualité de vie dans la maison et le respect de l’environnement, les représentants des consommateurs et les professionnels ont associé la démarche Haute qualité environnementale avec une marque de qualité en maisons individuelles : la certification NF Maison individuelle, pour créer la marque NF Maison individuelle démarche HQE®. Mise en place par l’organisme Céquami, elle offre une liste de constructeurs, un référentiel, des contrôles sur dossier et site, le choix des cibles et la notation du projet avec le constructeur. Pour en savoir plus : www.mamaisoncertifiee.com.

g) La marque « Ô Solaire – Référencement Enerplan » :

Créée par l’association professionnelle de l’énergie solaire (Enerplan) pour la qualité des équipements solaires thermiques domestiques, elle garantit la conformité du matériel et des prescriptions vis à vis de la réglementation française et des normes européennes. La marque « Ô Solaire – Référencement Enerplan » est utilisée comme référentiel par les installateurs Qualisol ainsi que par les collectivités locales pour l’octroi des aides solaires aux particuliers. Elle est également un « facilitateur du crédit d’impôt ».

h) La certification CSTBat ou Solar Keymark :

Elle définit les panneaux solaires thermiques éligibles au crédit d’impôt.

i) La démarche qualité PAC :

Elle s’applique aux pompes à chaleur, et définit les matériels et installateurs certifiés. Elle est composée de deux volets indissociables : le marquage NF PAC pour le matériel et l’appellation Qualipac pour l’installateur. Aujourd’hui, l’Association française pour les pompes à chaleur (Afpac) annonce que l’Afaq Afnor a délivré la marque NF PAC à 50 gammes de matériels, tandis que 146 installateurs contrôlés par l’Apave sont reconnus comme spécialistes de la pompe à chaleur grâce à l’appellation Qualipac (liste consultable sur le site www.afpac.org).

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