maison écologique

1- Plusieurs termes pour plusieurs approches :

Il existe de nombreux termes pour qualifier l’approche environnementale de la construction d’une maison : « écologique », « durable », « HQE », etc. Cette diversité est représentative de la pluralité des approches qui, si elles ont la même finalité (le respect de l’environnement), ne correspondent pas toutes aux mêmes priorités, et proposent des solutions différentes. Voici quelques définitions pour y voir plus clair dans les différentes appellations, et mieux comprendre le sens de cette démarche.

2- L’architecture durable :

C’est au Sommet de la Terre, en 1992, que fut consacré le concept de « développement durable ». Il définit les principes d’un développement conciliant l’économique, le social (l’accès aux mêmes ressources pour tous) et l’environnemental (la préservation des ressources).

maison écologique 1

Appliqué au domaine de la construction, il s’agit de :

  1. Construire pour durer avec les ressources disponibles, sans léser les générations futures. Notre empreinte écologique doit être la plus légère possible, car l’environnement n’a pas la capacité de répondre de façon illimitée à nos besoins actuels et à venir.
  2. Prendre en compte la notion de coût global. Les matériaux utilisés dans la construction doivent être choisis non seulement pour leurs performances et leur coût, mais aussi en fonction de la disponibilité des matières premières nécessaires à leur fabrication, du coût de la pollution liée à leur transformation et à leur transport, de leur longévité et de leur capacité à être recyclés.
  3. à une échelle plus vaste, intégrer tout le cycle de vie d’un bâtiment, depuis l’impact de la fabrication des matériaux jusqu’à leur traitement en fin de vie, ainsi que son coût de fonctionnement en s’efforçant de réduire ses besoins en énergie, sans négliger son aspect urbain (offre de transport, gestion des ressources en eau, traitement des déchets, etc.).

Mais le concept de développement durable est parfois critiqué : ceux pour qui la notion de développement n’est pas compatible avec une gestion durable des ressources pensent que l’idée même de croissance doit être remise en question.

3- L’éco construction :

éco construction

Combinaison des mots « écologie » et « construction », la notion d’éco construction est née dans les années soixante pour définir des bâtiments qui minimisent leurs besoins, ainsi que leur impact sur le site et sur l’environnement. Ces bâtiments sont intégrés le plus respectueusement possible dans leur milieu, et mettent en œuvre des ressources naturelles et locales (matériaux, entrepriété ses, mais aussi soleil, eau, sol, etc.). Ils font appel à des matériaux abondamment et facilement disponibles, renouvelables, et non polluants : pierre, terre, bois, paille, chanvre, etc. L’éco construction s’inspire en cela de l’architecture vernaculaire et de ses principes de bon sens, de durabilité et d’économie de moyens, améliorée par des apports techniques permettant de tirer profit des énergies renouvelables : solaire passif, électricité solaire, éolienne, géothermie, puits canadien, etc.

4- L’architecture bioclimatique :

architecture bioclimatique

Une maison bioclimatique vise, par sa conception architecturale, à optimiser les ressources du milieu pour en profiter de façon passive. Cela permet de limiter les équipements techniques « actifs », consommateurs d’énergie primaire : les systèmes de chauffage, de transformation de l’énergie solaire en électricité, etc.

Les options architecturales diffèrent en fonction du climat, de la latitude, des savoir faire locaux, des besoins, voire des cultures. En climat continental, dans l’hémisphère Nord, elles se traduisent généralement par une orientation des vitrages au sud pour profiter des apports solaires directs en vue d’un chauffage passif en hiver, avec en complément des protections solaires l’été. Un bâtiment compact permet de limiter les surfaces de façades et le refroidissement provoqué par les vents dominants, entraînant des déperditions de chaleur. Les pièces de service sont situées au nord pour faire office de tampons thermiques.

L’autre aspect de l’architecture « bio » climatique concerne la prise en compte de critères environnementaux dans le choix des procédés de construction et des matériaux.

5- Les maisons basse consommation :

maisons Basse consommation

Le concept de bâtiment basse consommation (BBC) met l’accent sur les économies d’énergie et l’aspect thermique. Selon certains, le plus important est de commencer par améliorer l’enveloppe du bâtiment pour limiter les déperditions thermiques. Cette démarche est depuis peu référencée sous la forme d’un label dénommé « BBC-Effinergie », qui atteste d’une consommation de 50 kWh/ m2/an d’énergie primaire (avec des variantes selon la zone climatique et l’altitude). Elle comprend également un contrôle de l’étanchéité à l’air, qui doit être inférieur à 0,6 m3 par heure et par mètre carré. D’après l’association Effinergie, ces objectifs peuvent être atteints sans difficulté et à des coûts raisonnables avec des techniques et des matériaux actuels éprouvés.

6- Les maisons passives :

maisons passive

C’est en Allemagne qu’a été développé le concept de « Passiv Haus ». Comme le label BBC français, il concerne des maisons à très faible consommation d’énergie, dont les performances, fixées par le Passiv haus de Darmstadt, sont une consommation de 15 kWh/m2/an pour le chauffage, une consommation en énergie primaire inférieure à 120 kWh/m2/an et une excellente étanchéité à l’air. Ces résultats sont rendus possibles par une isolation renforcée et des apports en chauffage passif. Mais la norme Passiv haus et le label suisse Minergie-P (sensiblement équivalent) insistent tous deux sur la sur isolation. Ce label allemand est délivré en France par l’association La Maison passive France.

La limite de cette démarche réside dans le coût élevé des grandes épaisseurs d’isolants, des vitrages très performants et des équipements techniques. Il est en outre nécessaire de prévoir un appoint en chauffage pour pallier un manque d’ensoleillement de plusieurs jours.

7- Les maisons à énergie positive :

maisons à énergie positive

Elles produisent plus d’énergie qu’elles n’en consomment grâce à des équipements de production d’électricité (panneaux solaires, éoliennes, etc.). Le principe généralement appliqué est de revendre l’électricité produite à EDF à un prix avantageux, ce qui permet d’éviter les problèmes de stockage et d’acheter l’électricité du réseau en cas de besoin.

8- Les maisons autonomes ou maisons zéro énergie :

Le principe des maisons autonomes est de produire directement l’énergie nécessaire au chauffage et à l’éclairage, sans dépendre d’un fournisseur extérieur, et de gérer son approvisionnement en eau (récupération de l’eau de pluie, des cours d’eau, etc.), ainsi que son traitement (par lagunage : l’eau est filtrée par les racines des plantes). Cette démarche va de pair avec une réduction de ses besoins et l’utilisation d’équipements peu gourmands en énergie. Elle implique un changement de comportement par rapport aux habitudes actuelles.

9- La démarche HQE :

Il s’agit en premier lieu d’une méthode élaborée dans les années quatre vingt dix pour que les acteurs du bâtiment intègrent l’environnement à leur démarche dès la phase de conception. Elle est accompagnée d’un référentiel, et depuis peu d’une certification. Les bâtiments doivent prendre en compte 14 cibles d’action, réparties en deux groupes.

  1. Maîtrise des impacts sur l’environnement extérieur : éco construction (relation des bâtiments avec leur environnement immédiat, choix intégré des produits et des procédés de construction, chantier à faibles nuisances) et éco gestion (de l’énergie, de l’eau, des déchets, de l’entretien et de la maintenance).
  2. Création d’un environnement intérieur satisfaisant (confort hygrothermique, acoustique, visuel et olfactif), et sain (qualité sanitaire de l’air, de l’eau et des espaces).

Pour l’habitat individuel, un certificat « NF Maison individuelle démarche HQE », délivré par le Céquami, est disponible.

10- L’éco rénovation :

éco rénovation

En France, parmi les 31 millions de logements, 19,1 millions, soit 61 % du parc, ont été construits avant la réglementation thermique de 1975. Ces logements, non isolés, consomment en moyenne 328 kWh/m²/ an. L’objectif du Facteur 4 est de rénover ce parc avant 2050, pour qu’il ne consomme plus que 80 à 50 kWh/m²/an. Mais avec un taux actuel de renouvellement de 1 % par an, il restera en 2050 entre 30 à 40 % de logements antérieurs à 1975.

L’urgence est donc de rénover 450 000 logements par an. Pour cela, la priorité est d’améliorer leur enveloppe : des gains importants d’énergie ont été obtenus depuis 1973 sur les logements neufs, grâce aux réglementations thermiques successives qui, depuis 1975, ont d’espermis de diviser par 2 à 2,5 leur consommation par mètre carré.

Il faut cependant différencier les logements construits avant 1914, qui consomment en moyenne 220 kWh/m²/an, et ceux construits entre 1914 et 1973, qui consomment en moyenne 500 kWh/m²/an. Le bâti « ancien », construit de façon traditionnelle, ne répond pas à la même logique. La solution consistant à isoler systématiquement toutes les parois n’est pas adaptée : construits avec d’épais murs en pierre ou brique, ces bâtiments ont une bonne inertie, et sont généralement conçus en fonction du climat et du site. On ne peut pas y installer des équipements conventionnels indépendants les uns des autres (isolation ventilation mécanique , pare vapeur étanchéité à l’air) car elles ne sont pas adaptées. En outre, il est indispensable de faire un diagnostic précis des désordres avant toute intervention.

Pour la première fois, une réglementation thermique pour les bâtiments existants est entrée en vigueur, le 1er novembre 2007 (dispositions de l’arrêté du 3 mai 2007). Le texte met en place des exigences d’économie d’énergie dans les bâtiments existants. Comme dans les bâtiments neufs, elles concernent l’isolation, les équipements de chauffage, les systèmes de production d’eau chaude, les énergies renouvelables, la ventilation et l’éclairage.

Il ne faut pas oublier cependant que la consommation d’énergie totale des secteurs résidentiel et tertiaire confondus a augmenté entre 1975 et 2005 de 30 % du fait de l’accroissement du parc, de l’élévation du niveau de confort (appareils électroménagers), de l’apparition de nouveaux besoins (climatisation), etc. On note cependant depuis 2001 une baisse des consommations énergétiques des logements, liée notamment à des efforts financiers accrus des ménages réalisant des travaux d’économie d’énergie, alors que simultanément le parc augmentait de 5 %.