Pour fournir en France et dans les autres pays industrialisés les bois tropicaux servant à faire des menuiseries, des lames pour terrasses ou des meubles à des prix défiant toute concurrence, les forêts anciennes d’Afrique et d’Asie sont pour la plupart pillées. Selon Greenpeace, « près de 23 % des produits importés – y compris le papier – sont issus de zones où les activités forestières illégales sont largement répandues. La déforestation et la dégradation de forêts contribuent à 20 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, soit plus que l’ensemble du secteur des transports au niveau mondial. Elles contribuent aussi à la perte de biodiversité et à l’appauvrissement des populations locales ». D’après la Banque mondiale, 350 millions de personnes dépendent directement ou indirectement des forêts pour leur subsistance. Or, ces forêts sont souvent exploitées par des sociétés occidentales qui entretiennent des liens douteux avec les dictatures en place dans ces pays. Par ailleurs, le marché du bois est l’un des moins réglementé au monde néanmoins, le Parlement européen a repris, début 2009, les discussions sur une législation permettant de refuser l’importation des bois issus de la destruction des forêts tropicales.

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Pour Sylvain Angerand, chargé de campagne « forêt » aux Amis de la Terre, « l’exploitation forestière au Cameroun profite toujours aux mêmes : les forêts se vident de leurs bois précieux, les animaux disparaissent sous la pression des braconniers et les populations locales se retrouvent au bout du compte encore plus pauvres, dans un environnement dégradé, dont elles ne pourront plus tirer de bénéfice ». Selon cette association, plusieurs études montrent que les forêts tropicales sont plus efficaces que les forêts tempérées pour lutter contre le réchauffement climatique. Leur sauvegarde est donc une « nécessité absolue pour notre planète ».

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Pourtant, l’Europe et l’Amérique du Nord ne manquent pas de cette ressource abondante (la surface occupée par les forêts augmente en Europe) et généralement bien gérée. Il est donc de notre devoir d’éco citoyen d’utiliser de préférence des bois locaux, dont certains résistent aussi bien à l’humidité que les bois tropicaux : chêne, acacia, châtaignier, mélèze, douglas.

À défaut, il est primordial de choisir des bois tropicaux labélisés. Le label FSC (pour Forest Stewardship Council) est l’éco certification la plus sérieuse selon Greenpeace : elle garantit que le bois provient de forêts gérées durablement et qu’il respecte les droits des populations indigènes. 7 % de la consommation industrielle de bois sont certifiés FSC. Le label PEFC (programme de reconnaissance de certification forestière) garantit également une gestion durable de la forêt.